jeudi 30 août
Le livre du tissage au carton.
Apparemment je n'ai pas été très claire sur le livre d'où j'ai tiré les images sur le tissage au carton. Comme j'ai eu plein de messages sur la question je réexplique.
Donc c'est un livre paru dans les années 70, collection Manu presse, chez Dessain et Tolra. Il s'appelle Le Tissage au carton et fut écrit par Marjorie et William Snow.

Il est hors d'impression, probablement depuis avant ma naissance, donc aucune chance de le trouver en librairie.
jeudi 24 août
Saga 7 : et les finitions alors ?
Bah oui c'est bien joli de tisser mais comment on le finit notre galon ? Comme ça : 
vous pouvez au choix :
- tresser les fils
- les nouer,
- faire des franges,
- entrelacer les fils
- ou encore finir à l'aiguille par un point de surjet ou de feston.
jeudi 27 juillet
Saga 6 : variantes et motifs
Bon apparemment canalblog remarche ce qui est déjà pas mal parce que tout à l'heure mon ordi ne trouvait même plus le serveur...
Une fois que vous maîtrisez les aspects simples du tissage au carton vous pouvez vous amuser à compliquer les choses. Parce que faire tout ça pour obtenir des bandes unies, ça n'en vaut vraiment pas la peine.
Pour élaborer un motif, seuls les fils de chaîne sont pris en compte car les fils de trame disparaissent une fois le tissage avancé à cause de la torsion qu'il y a entre chaque duite. L'autre aspect qui peut entrer en jeu c'est le sens dans lequel vous tournez les cartons. Il y a deux façons de tourner les cartons : vers l'avant ou vers l'arrière.
Par exemple pour réaliser des chevrons (des V) il faut d'abord monter les cartons comme suit : 1er carton : noir en A et B, blanc en C et D ; 2e carton : noir en B et C, blanc en D et A puis 3e carton : noir en C et D et blanc en A et B et enfin 4e carton : noir en A et D, blanc en B et C. Montez autant de cartons que nécessaires. Pour tisser, vous allez diviser vos cartons en deux groupes égaux et tourner la moitié des cartons vers l'avant et l'autre moitié vers l'arrière. Gardez le sens de rotation tout au long du tissage et vous obtenez des chevrons. Si vous inversez le sens après quelques duites, vous obtiendrez des losanges.
Ainsi selon le sens dans lequel vous tournez les cartons, vous pouvez obtenir différentes contextures : 
On peut donc réaliser des galons bicolores ou multicolores selon des formes géométriques.
Voici quelques croquis d'enfilage pour vous donner des idées, mais vous pouvez en créer autant qu'il y a de possibilités :
D'un coté vous avez la photo et de l'autre le croquis pour la réalisation.


Cliquez sur les images pour agrandir.
jeudi 20 juillet
Saga 5 : tissage à proprement parlé.
Après l'ourdissage on peut (enfin !) passer au tissage. Voici tout d'abord un shéma qui illustre la façon dont les cartons tournent au cours du tissage :
Que l'on fasse pivoter les cartons vers l'avant ou vers l'arrière on obtiendra la même armure. Par contre pour obtenir un ouvrage cohérent il faut tourner tous les cartons dans le même sens tout au long de l'ouvrage.
Pour tourner les cartons, il faut faire particulièrement attention à ne pas frotter les cartons sur les fils et à ne pas dédoubler les fils, d'où la nécessité de cartons à angles ronds. Voilà le shéma qui illustre la façon de tourner les carton pour que la duite s'ouvre bien : 
Normalement la duite s'ouvre selon l'écartement des trous dans le carton. On peut ensuite commencer à tisser.
Pour commencer il est recommandé d'utiliser d'abord un cordonnet épais pour mettre les fil en place avant de passer au fil de trame. Les fils vont s'aligner les uns à coté des autres et obtenir ainsi la largeur du tissage. Le cordonnet sera retiré à la fin du tissage.
Avant de passer au fil normal, il faut que la largeur soit bien mise en place et que tous les cartons soient revenus en position de départ. Ensuite il n'y a plus qu'à passer le fil de trame de droite à gauche, tourner les cartons, le passer de gauche à droite, tourner les cartons... Après avoir tourné les cartons, quand vous ouvrez la duite, utilisez le croisement des fils pour tasser le fil que vous venez de passer.
Pour commencer et arrêter un fil : passer le fil dans la duite en en laissant dépasser un morceau. Tournez les cartons. Passez la suite du fil dans la nouvelle duite ainsi que le morceau du fil que vous aviez laisser en arrière, puis continuez le tissage.
jeudi 13 juillet
Saga 4 : ourdissage
L'ourdissage est la partie la plus pénible et la moins amusante du travail de tissage (de mon point de vue), mais ça reste indispensable. Ourdir consiste à tendre les fils de chaîne au travers du métier en les installant sur les cartons (ou les lisses).
Il est très important de garder une tension égale et constante dans les fils pour obtenir un travail régulier et éviter que le ruban fini ne gondole.
Avant l'ourdissage il faut définir la longueur des fils et la quantité de cartons à monter. Pour ce qui est de la largeur on peut facilement calculer le nombre de fils nécessaires pour faire un cm en enroulant le fil autour d'une règle (sans serrer) : après on met tous les fils côte-à-côte et il n'y a plus qu'à compter le nombre de fil nécessaires pour couvrir un cm. Bien sûr plus les fils sont épais, moins il y en a au cm. Ensuite pour calculer le nombre de cartons nécessaires pour un cm il suffit de diviser par 4, puisqu'il y a quatre fils par carton.
Pour la longueur des fils à couper il faut d'abord définir la longueur de l'ouvrage fini. A ce chiffre il faut rajouter la longueur de fil nécessaire à attacher le fil sur le métier mais qui ne sera pas travaillé, c'est-à-dire 10 à 20 cm au début et à la fin de l'ouvrage. Il faut aussi compter l'embuvage. Ce terme désigne le rétrécissement de la chaîne au cours du tissage, en effet les fils selon la matière qui les composent sont plus ou moins élastiques, sur le métier ils sont tendus, mais quand on les détache du métier ils reprennent leur propre dimension et se rétractent On compte en règle générale 10% d'embuvage, mais tout dépend de la matière travaillée : la laine est très souple alors que le lin casse plus facilement par manque d'élasticité. Attention pour l'ourdissage on utilise un fil par carton il faut donc multiplier la longueur désirée par 4.
Une fois que vous avez défini longueur des fils et nombre de cartons, vous pouvez les couper. Soit vous les mesurez et les coupez un par un, surtout s'ils sont peu nombreux. Soit vous utilisez un cadre à ourdir qui permet de tendre le fil sur une certaine distance puis de couper tous les fils nécessaire d'un coup.
Si vous n'avez pas de cadre à ourdir il vous suffit de tendre le fil entre deux points fixes écartés selon la longueur voulue. Dans tout les cas prenez garde de ne pas mélanger les fils car défaire les noeuds est toujours une énorme perte de temps (et de patience).
Et maintenant l'ourdissage proprement dit en photo (cliquez pour agrandir).
La même chose mais sur un métier à carton : 
Il faut faire particulièrement attention à la façon dont on enfile les cartons : il faut absolument tous les enfiler dans le même sens pour que les cartons tournent sans problème et qu'il n'y ait pas de défaut dans le tissu fini :
jeudi 06 juillet
Saga 3 : matériel de base pour le tissage au carton.
L'intérêt du tissage au carton c'est qu'il nécessite très peu de matériel mais voici quand même les quelques bases à connaître :
Le tissage au carton ne nécessite pas vraiment de métier aussi élaboré que le tissage traditionnel. Il faut deux points sur lesquels attacher les fils à tendre. Pour se faire plusieurs solution : jusqu'en 1985 il existait des métier à tisser pour tissage en carton, mais c'est aujourd'hui passé de mode. on peut encore se trouver dans des brocantes et sur des sites de ventes aux enchères. Vous pouvez aussi le fabriquer vous-même ou trouver quelqu'un qui manie assez bien le bois pour le faire :
Si vous voulez faire plus simple une solution consiste à utiliser deux chevilles de bois maintenues sur une table par des serre-joints. Encore plus facile : des serre-joints attachés à l'envers dont vous revcouvrez la fiche de papier pour ne pas abimer le fil.
Enfin la dernière solution consiste à attacher l'ouvrage entre un support fixe et la ceinture du tisserand.
Exemples de systèmes d'attaches :
Pour trouver un métier pour tissage au carton sur internet : chez Dundas Loom company.
Ensuite il faut fabriquer les cartons sur ce modèle (ou quelque chose d'approchant).
Il est important que les bords soient arrondis pour éviter qu'ils accrochent le fil et pour qu'ils tournent plus facilement. De même la forme carré permet de mieux les tenir en main.
Pour passer le fil on peut utiliser une navette comme pour le tissage mais on peut aussi se contenter de former un papillon de fil comme ça :
mercredi 28 juin
Saga 2 : le tisage au carton quésaco ?
Le tissage au carton est une très ancienne technique de tissage. On a des témoignages archéologiques qui remontent au moins jusqu'à l'âge du bronze. C'est une technique qui était très répandue en Eurasie, particulièrement en Birmanie et en Scandinavie. On a même retrouvé un métier à tisser au carton dans la tombe d'une reine viking, parmi d'autres objets du quotidien. Par contre il semble qu'il n'y ait pas de trace en Amérique ou en Afrique. Mais ça fait quand même une belle diffusion ! La technique fut largement utilisée jusqu'au XIIIe siècle avant de passer de mode.
Le tissage au carton permet de confectionner des galons très résistants qui étaient utilisés dans la décoration des vêtements (voir le vieux post sur le costume viking).

Le principe de base : les fils sont montés sur des cartons carrés, l'écartement entre les trous forme la foule où passe la duite. On tourne au fur et à mesure les cartons pour changer de foule.
Un petit schéma qui illustre la différence entre tissage sur un métier et tissage au carton :
Chaque fois que l'on tourne les cartons on tort les fils de chaine, ce qui rend le tissu plus résistant mais ce qui serait impossible à faire sur un métier à tisser où tout les fils de chaine restent parallèles.
Un petit exercice pour voir ce que ça donne : monter un seul carton et voir comment les fils réagissent : 
Voilà pour aujourd'hui. Pas grand chose cette semaine car je passe mes oraux : c'est épuisant... A bientôt !
jeudi 22 juin
Saga 1 : quelques principes de tissage
Le tissage repose sur des principes très simples communs aux différents métiers (horizontaux, verticaux...). Des fils sont tendus sur un cadre pendant que d'autre fils vont et viennent de façon perpendiculaire. Les fils tendus sur le cadre sont dits "fils de chaîne", ils sont dans le sens de ce que la couture appelle le droit fil. Les fils qui y sont perpendiculaires sont les "fils de trame". Sur les bords, à l’endroit où le fil de trame fait demi-tour, se trouve la lisière.
Un peu plus de vocabulaire :
Foule: ouverture en forme de Y formée dans la chaîne en
soulevant ou en abaissant les marches, et par laquelle passe la navette.
Duite: passage de la navette dans la foule ou le pas.
Ourdir : tendre les fils de chaîne sur le cadre du métier à tisser
de façon homogène (ourdissage)
Tramer : faire passer la duite dans la foule (vous avez
bien suivi ?)
Armure : Mode d'entrecroisement des fils de chaîne et des fils de trame.
Il en existe plusieurs sortes :
Toile
: appelée aussi Uni, et Taffetas.
Les fils de chaîne se croisent par moitié. Les fils pairs et impairs lèvent et
baissent alternativement, recouvrant le fil de trame. Le fil fait donc dessus
dessous, dessus dessous, etc. Rapport d'armure de 2 fils, 2 duites, décochement
de 1.
Sergé : armure caractérisée par des côtes obliques et son rythme ( 1 pris, x laissés; ou 1 laissé, x pris) avec un décochement de 1. Les côtes sont orientées vers la gauche (sergé droit) ou vers la droite (sergé inversé). Le rapport d'armure minimum est de 3 fils 3 duites. Il existe plus de 5000 variétés de sergé.
Voici la façon technique de noter l'armure de sergé (logiciel d'armure) :
Satin
: armure donnant un tissu plat,
uni et brillant, et diminuant au maximum les points de liage (pris). Le
décalage (ou décochement) d'une duite à l'autre est toujours supérieur à 1. Le
rapport d'armure minimum est de 5 fils, 5 duites.
Bien sûr, on peut inventer autant d'armures que l'on veut et que le métier en offre la possibilité. Un exemple d'armure originale :
Les sites sur le tissage sont rares. Voici quand même quelques références.
Site sur l'histoire du tissage
Le site québécois : Artisanat pour tous. Tissage au doigt ou au carton.
Le portail du tissage : attention, il ferme bientôt !!
Un logiciel de tissage.
Et enfin les fils du temps.
dimanche 18 juin
La saga de l'été
Pour cet été, l'Atelier d'Arachnée reprend une idée des grandes chaines de télévision. Bientôt découvrez sur ce blog une grande saga de l'été avec des épisodes, des évènements qui se trament pendant que l'on ourdit loin des regards. Tintintin....
Oui, bien plus palpitant que les séries traditionnelles, il s'agit de série de fils qui s'entremêlent, qui se nouent, se dénouent, cassent...
Tintintin...
Chaque semaine, retrouvez un épisode de notre grande série !
Bientôt sur ce blog...
Tintintin... !!
Le tissage au carton.
Vivez des émotions fortes de création...
P.S. pour man' : désolé j'avais ammené le livre mais j'ai oublié de te le rendre...











