mardi 09 octobre
Corbeille et trousseau
AU XIXe siècle, au moment de la signature du contrat de mariage, on exposait corbeille et trousseau. Mais même s'ils apparaissaient au même moment, quelques jours avant le mariage, il ne faut pas les confondre : le trousseau fait partie de la dot de la mariée et est donc offert par la famille de la mariée, tandis que la corbeille est un cadeau du fiancé à sa promise avant le mariage.
Un exemple de corbeille pris dans le manuel de savoir-vivre de la baronne de Staffe, publié en 1891 :
"La corbeille est apportée le matin du jour où l'on signe le contrat. Elle se compose de robes de satin, velours, etc., en pièce ; de dentelles noires et blanches [...] ; de bijoux modernes, de joyaux de famille ; d'un manteau de loutre ; de bandes de lophophore, originale parure pour les robe et les vêtements[...]. A ce fond de garde-robe, on ajoute une aumônière gonflée d'or (pièces neuves), un ou plusieurs éventails, un livre d'heures copié sur un chef-d'oeuvre du Moyen Âge [...].
Ces objets sont contenus dans une grande corbeille en vannerie artistique, doublée de satin blanc et de forme carrée afin que les étoffes n'y prennent pas de faux plis. Un gros bouquet de roses blanches ou un noeud de satin blanc s'attache sur le couvercle. Le coffre, l'ancien coffre de mariage, est choisie par quelques fiancés".
On aimerait que ça existe encore aujourd'hui... Mais en fait ça existe encore, par exemple au Japon où le fiancé offre à sa promise une corbeille de fleurs et de confiseries dont il a tapissé le fond de deux à trois mois de salaire en liquide, pour les petites dépense de la dame... Je vous laisse imaginer mon homme pâlir...
Le trousseau dépend bien sûr du milieu social
D'après un journal de mode de 1880 :
"Un beau trousseau comprend 12 douzaines de chemises de jour, 6 douzaine de toile très fine et 6 en batiste. Autant de chemises de nuit. Deux douzaines de jupon courts, pour la promenade ; six jupons de bal en mousseline à longue traîne, et douze jupons de robe de chambre
Les nouvelles fantaisies sont les bonnets de foulard à la créole, les bonnets de paysanne en vieille dentelle, doublés de soie, qu'on porte au five o'clock tea ; les grandes écharpes de point d'esprit blanc bordées d'une écume de dentelle blanche, dans lesquelles on s'enveloppe à la façon des miniatures d'Isabey. [...] On joint au trousseau douze douzaine de paires de bas. Dix douzaines sont en soie, deux douzaines en fil d'Ecosse." On prévoit aussi des robes montées : "robe de mariage, robe de chambre, robe de voyage, toilettes de visite et de dîner, toilette de visite en faille noire, toilette de visite en faye nuance Bordeaux, toilette de visite en faye tourterelle, cinq ou six autres réservées à un autre article, de visites et de dîners". Le linge du mari est aussi prévu.
Un exemple de trousseau, pris dans les Landes celui-là :
"En faveur de ce mariage, Michel Dandé et Jeanne Banaq, père et mère de la future, constitue en dot à leur fille, qui l'accepte, un lit avec son bois composé d'une paillasse, d'une couette et d'un traversin de coutil, d'une courtepointe indienne, d'une couverture de laine avec des rideaux, dossier, ciel et pentes en cotonnades à carreaux rouges et blancs, la courtepointe piquée en coton, [...] sept draps de lit dont un de brin de lin, deux de brin de chanvre, un de demi-drap et trois d'étoupe, douze serviettes mélangées de brin de chanvre et d'étoupe."
Le trousseau est marqué selon des règles bien précises : le linge personnel de la femme est marqué de l'initiale de son prénom et de celle du nom de son mari, le linge personnel du mari est avec ses deux initiales et le linge de maison porte les initiales des deux familles. C'est donc un long travail pour la jeune fiancée que de marquer son trousseau.
C'est une affaire de transmission et d'héritage à la forte charge symbolique. C'est aussi une affaire de femmes. Il est souvent constitué avec l'aide financière de la mère de la fiancée.
La pratique du trousseau va se maintenir jusqu'à la fin des années 50, alors que la corbeille a disparu bien plus tôt (radins).
mardi 03 juillet
Expositions sur la mode
Voici quelques liens qui présente des expositions sur la mode.
Pour connaître les expositions et manifestations dans toute la France, je vous conseille le site de l'aiguille en fête qui édite un article pour chaque exposition : Provence, Cholet... et même Bruxelles. Il y en a pour toutes les régions.
Pour les fans de Moyen-Age, je signale l'exposition qui a lieu actuellement au chateau de Langeais, en Tourraine, sur la mode en Moyen-Age à l'instigation de Jean Favier (très fort, Jean Favier, apparté historique). Cette exposition se tient jusqu'au 26 juillet et d'après des sources sûres, c'est vraiment une bonne exposition. La même experte recommande le catalogue, très bien fait.
Outre Atlantique je conseille vivement le site du musée du costume et du textile de Québec.
Du côté de la rue de Rivoli, dans une des ailes du Louvre, il y a le musée des arts décoratifs, rouverts depuis 2 ans après de gros travaux de restauration. Actuellement une exposition intitulée "Jean Paul Gaultier / Régine Chopinot, le défilé.
Enfin jusqu'au 29 juillet, à Paris, mais faut-il encore en parler ?? Les bijoux Lalique au musée du Luxembourg : réservez vos places il y a toujours trop de monde...
mardi 12 juin
La mode féminine sous le premier empire.
La mode de cette période (1800-1820) est en contraste complet avec la période qui précéde (XVIIIe siècle) et la période qui suit : période romantique (1820-1840) : 


La mode féminine se transforme radicalement en se débarassant du corset et du panier. On recherche la simplicité par opposition à l'Ancien Régime et pour imiter la mode antique. Eh oui, l'antique était à la mode. Les femmes préfèrent aux robes rococo de fines robes de coton blanche presque tranparentes, avec peu de vêtement de dessous.
robes de 1795
Ce genre de robe apparaît dès Marie-Antoinette, on l'apelle alors "chemise de la reine" :
Cette robe évolue progressivement vers un style néoclassique marqué par les formes raffinés et géométriques de l'antiquité gréco-romaine, comme sur ce protrait de madame Récamier (1802) :
Des étoffes translucides comme la mousseline, la gaze et la percale sont privilégiée pour leur "simplicité". Le vêtement n'est plus fait pour mouler le corps mais pour le draper.
Mais ces tissus sont bien trop fins pour des hivers européens. On porte donc des chales en cachemire et on voit l'apparition des gants longs encore portés aujourd'hui lors de soirée. On reprend aussi les vêtements d'extérieur anglais : le spencer court et la redingote, plus longue. Cette mode est très influencée par les uniformes de l'armée napoléonienne.
Enfin pour les tenues de cour, on retrouve des traits typiques de l'Ancien Régime mais adaptés à la nouvelle silhouette. Le manteau de cour en est la partie la plus typique. Napoléon impose que tous les vêtement de cour soient en soie, ce qui doit lui permettre de relancer la production de soie à Lyon.
jeudi 26 avril
La mode entre 1910 et 1920
On m'a demandé quelle était la mode pendant la première guerre mondiale. Comme il n'y a pas vraiment de mode propre à cette période de guerre, (pour cause, qui penserait à la mode quand tous les efforts portent sur la fabrication des obus ?), il faut voir un peu plus large. La mode qui se met lentement en place au début du XXe siècle va s'affirmer dans les premières années du siècle. La rupture suivante à lui après guerre, en 1920. Elle est en grande partie une conséquence du traumatisme de la guerre, et c'est la mode de la garçonne qui commence.
La mode de cette époque est marquée par deux grandes figures : Paul Poiret et Madeleine Vionnet. Tous deux décident de se débarrasser du corset pour préférer à la forme de sablier en vigueur depuis 70 ans, des formes de plus en plus fluides.
Paul Poiret commence ses premières créations par des robes simples de coupe droite. Pour ne pas déformer la silhouette il remplace le corset par le soutien-gorge. Il choisit aussi de raccourcir les jupes à la chevilles : ça y est on voit les pieds ! Ces deux grandes créations : la jupe-culotte appelée trotteur était une jupe de promenade d'allure masculine et la robe entravée. Je ne résiste pas à l'envie de vous raconter la petite histoire qui va avec cette dernière création. On est à l'époque des tous débuts de l'aviation. Quelques aristocrates assistent pour le plaisir aux tentatives de décollage, quelques audacieuses osent même monter sur ces machines folles auprès des aviateurs et pour ne pas choquer l'assemblée, elles attachaient leurs jupes autour de leurs chevilles. D'où une jupe assouplie sur les hanches et qui se resserre aux chevilles. Mais cela n'était pas du goût de tout le monde.
Là où Poiret était génial pour la commercialisation et la promotion de sa marque, Madeleine Vionnet, elle est une vraie artiste de la couture. Madeleine Vionnet est, elle aussi, pour des robes fluides qui mettent en avant la féminité. Son art repose avant tout sur des drapés taillés dans le biais. Elle dessinait très peu et travaillait souvent sans patron en taillant directement les pièces dans le tissu !! C'est aussi elle qui a inventé le col boule ou le bain de soleil. Mais elle est vraiment restée célèbre pour sa virtuosité et son génie dans les voilages et les drapés.

Cette décennie est très inspirée par la mode orientale (ramenée en Europe, entre autre, par les ballets russes) ou par la mode antique : toujours la même lubie, le fluide !!
Évidemment cette haute couture et ses grands artistes ne fournissent pas les vêtements de tous les jours. La mode quotidiennes va reprendre les nouveautés sous une forme plus modérée. Dès 1907 les jupes deviennent plus étroites et plus courtes et on voit les pieds. La ligne générale est plus droite et plus stricte. Les robes sont boutonnées jusqu'au menton et les décolletés profonds sont réservés aux tenues de soirée. Les chapeaux sont larges et ornés de plumes.
L'époque aime les tuniques et les tailleurs, les ensembles robe-veste inspirés du costume masculin.
Pendant la guerre la coupe devient plus stricte et s'inspire de l'uniforme. Les jupes se raccourcissent et sont plus droites pour économiser le tissu dans les premières années de la guerre mais dès 1915 les femmes préfèrent des jupes plus larges s'arrêtant aux mollets, avec des jupons pour donner du volume. On cherche avant tout le fonctionnel.
vendredi 20 avril
Manuel de 1924
Je viens de recevoir un objet remporté sur ebay. C'est un petit manuel de Coupe pratique par l'observation, à l'usage des élèves des écoles primaires élémentaires, des cours complémentaires, des écoles primaires supérieures, des écoles normales, des écoles techniques et des lycées et collèges de P. Saisset et Le Coispellier. Les auteurs regrettent que la coupe ne soit pas autant enseignée que la couture et propose une méthode simple pour l'apprendre. Je ne résiste pas à l'envie de vous en citer un extrait :
"Observations sur les teintes des tissus - Une étoffe nuancée est le contraire d'une étoffe bariolé.
Le bariolage est une mauvaise combinaisaon de couleurs qui ne s'harmonisent pas.
Parmi les étoffes de plusieurs couleurs à dispositions régulières, on cite : le damier ordinaire et le damier pied-de-poule ; le tartan étoffe à grands carreaux écossais combinés avec des lignes et fabriqués dans le nord de l'Ecosse et les Hébrides : les plaids en sont de beaux échantillons ; l'armure, le pékin ornées de raies satinées.
La nuance est une fusion délicate entre le clair et le foncé.
Un dégradé est un passage gradué et insensible d'une nuance foncé à une nuance claire.
Les noms des couleurs sont parfois dérivés des noms de plantes, comme : le kaki, la garance, la pourpre du nom d'un coquillage, l'acajou du nom du bois, le bleu paon des plumes du paon. L'écarlate est fabriquée avec de la cochenille. Cette couleur préparée en Hollande a été introduite en France par les soins de Colbert. Autrefois l'écarlate désignait l'étoffe elle-même et indiquait pour les étoffes d'autres couleurs la qualité supérieure de la teinture. Il y avait l'écarlate verte et l'écarlate bleue.
Le bleu nattier est semblable au bleu des robes des peintures de Nattier, le vert véronèse, des peintures de Véronèse.
Les noms de couleurs ont de tous temps été très fantaisistes. La mode en invente chaque jours de nouveau.
Il faut assortir les tissus et les couleurs. C'est là une preuve de goût. Les plus jolies formes de robes peuvent donner lieu à des réalisations déplorables si on mèle deux ou plusieurs étoffes n'allant pas ensemble.
Une jupe de velour ou de drap peut très bien s'allier à un corsage de satin ; deux velours ou deux draps de nature différente s'assortissent rarement.
En règle générale, un tissu très fin ne doit pas se coudre à même un tissu très gros : par exemple, si l'on fait un corsage à manches de voile ou de mousseline, il est nécessaire de fixer les manches à une doublure.
Exercices de français - Que signifie un bariolage d'idées ?
Donnez des synonymes de nuances.
Qu'est-ce qu'une demi-teinte ?
Donnez le sens du mot coupon dans le sens : coupon de loge, coupon d'obligation.
Que signifie au figuré : juger de la pièce par l'échantillon ? Donner un échantillon de son savoir ?
Que signifient : un visage, un cou, une taille effilés ?
Qu'est-ce qu'une voix éraillée ?
Donnez les diverses signification du mot : lustre.
Donnez des synonymes du mot : lustre.
Etc... (il y en a encore toute une page)
Exercices pratiques - Faire une collection d'échantillons.
Bougier un morceau de taffetas.
Chiffoner du taffetas.
Draper du satin, draper un voile, une écharpe de diverses façons.
vendredi 16 mars
Wonderbra messieurs
On entend parfois dire par ces messieurs que ce n'est pas juste, les femmes trichent et on est trompé sur la marchandise (sic !). Bon c'est vrai qu'entre les collants gainants et les soutien-gorge push up, nous avons quelques moyens d'améliorer la nature.
Mais n'allez pas croire que la pratique d'amélioration soit seulement féminine. Il y a en fait dans l'histoire de nombreux moments où, messieurs, vous avez triché autant que nous. Deux exemples :
Au seizième siècle, les chausses se rejoignent à l'entre-jambe. On rajoute donc une pièce pour faire la jonction. Cette pièce s'appelle la braguette (la même qu'aujourd'hui mais il n'y avait pas de fermeture éclair à l'époque). Et pour sembler plus viril et mettre en valeur cet emplacement crucial, ces messieurs de la Renaissance n'hésitaient pas à rembourrer ladite pièce de tissu de telle sorte qu'elle apparaisse proéminente.
Autre exemple. Pendant le premier empire la mode était à l'antique. DU coup les femmes devaient ressembler à des Romaines, d'où la robe empire et l'abandon du corset : la ligne devait être fluide.
Chez les messieurs aussi la mode était à l'antique, on rêvait d'Apollon et d'Adonis. Les torses devaient être bombés et les mollets dignes des athlètes grecs. Du coup, pour pallier aux faiblesses de la nature, les hommes portaient des corsets, pour bomber le torse, et plus surprenant, dans les pantalons moulants, ils glissaient des rembourrages en coton au niveau des mollets, fixés par des rubans.
Quelle déception ce devait être quand ces messieurs se déshabillaient...
lundi 26 février
La mode Renaissance
Voici quelques éléments typiques de la mode sous la Renaissance.
Les brocards et le velours sont deux matières très aimés pendant la Renaissance, plus volontiers portés que la toile de laine que l'on portait au Moyen Âge. La Renaissance aime les tissu lourd avec de nombreux reflets en Europe du Nord surtout. On produit aussi de plus en plus de soie directement en Occident (en France : Tours puis Lyon, en Flandres).
A la Renaissance, la chemise acquiert un rôle plus important. Elle devient plus fine, on la lave plus souvent, les nobles s'enorgueillissent de leurs chemises blanches qu'ils changent chaque jour. Cette chemise que l'on veut si fine et qui est dès lors une marque de richesse, on veut la montrer. Cela explique la création de crevées ou taillades : on pratique des entailles dans le vêtement du dessus pour montrer la chemise du dessous. Sous sa forme la plus aboutie, cela donne quelque chose dans le style des costumes des gardes suisses actuels. Voyez le buste et les manches de François Ier :


Au même moment et pour les mêmes raisons, apparaît la dentelle qui a pour but de décorer poignets et cols de la chemise. C'est d'abord une série de picots fait à l'aiguille, puis la dentelle devient de plus en plus large et les techniques se multiplient pour répondre à ce nouveau besoin qui crée un nouveau marché du luxe. Géographiquement l'origine de la dentelle est aujourd'hui disputée entre l'Italie (Venise) et la Flandres.
Les aiguillettes ne sont pas à proprement parlé une nouveauté de la Renaissance puisqu'on les utilisait déjà au Moyen Âge pour nouer les différents éléments du costume (pas encore de fermeture éclair, que voulez-vous). Les aiguillettes sont des lacets à bout ferré pour passer plus facilement dans les oeillets. Les bouts ferrés portaient aussi le nom de ferret (comme ceux de la reine dans les 3 Mousquetaires). Les aiguillettes servaient à attacher les haut-de chausse au pourpoint ou les manches aux épaules du vêtement. Il était en effet courant à l'époque de posséder plusieurs paires de manches que l'on changeait selon l'envie, cela permettait avec deux robes et une dizaine de paires de manches de créer de très nombreuses tenues. Cette mode était très développée en Italie, c'est d'ailleurs de cette pratique que vient l'expression "c'est pas une paire de manche" qui veut dire que quelque chose n'est pas facile, par opposition aux manches qui étaient faciles à changer.
La fraise est un col plissé qui devient de plus en plus volumineux au cours du XVIe siècle. On la trouve dans les costumes féminins comme masculins. Le point de départ fut le col de la chemise froncé par un cordon pour laisser apparaître un ruché, qui devint par la suite un élément indépendant du costume. C'est une bande de linge qui peut faire jusqu'à 6m de long. La fraise prend de l'ampleur et atteint des proportions extravagantes grâce à l'introduction de l'empesage à l'amidon, fabriqué d'abord en Flandres. L'amidon donnait au tissu blanc une teinte bleue ou jaune. Des armatures en fils métalliques recouverts de soie étaient épinglées sous la fraise pour la maintenir en place.

Le mouchoir est utilisé par les hommes comme par les femmes, en accessoire mais aussi pour son aspect pratique. C'est un objet de luxe, dont l'ornementation est très souvent réglementée. Les mouchoirs étaient en soie ou en lin et s'ornent de plus en plus au cours du siècle.
L'éventail est ramené en Europe par les expéditions vers l'Asie ou le Nouveau Monde. On l'utilise d'abord à la cour, puis il devient l'accessoire obligé de tout trousseau d'une jeune fille aisée. C'est Catherine de Médicis qui introduit l'éventail plié (celui que l'on peut refermer) en France. On attachait les éventails à la ceinture par une chaîne ou un ruban pour garder les mains libres.
vendredi 23 février
Silhouette à la Renaissance. Costume féminin.
La fin du XVe siècle est marquée par deux grandes innovations en matière d'habillement féminin qui vont révolutionner la silhouette (je sais, je parle toujour de la silhouette, mais je vous dis que c'est important) et la mode en règle générale. Au point d'ailleurs que ces évolutions vont perdurer 150 ans environ.
Il faut bien voir que la mode telle que nous la concevons aujourd'hui, avec des évolutions rapides apparaît à la fin du XIVe siècle : c'est la cour qui montre la mode que tout le monde essaie de suivre. Ce phénomène de mode va s'accélérer à partir de la Renaissance grâce à l'augmentation des communications à l'intérieur de l'Europe qui transportent avec elles les modes, le plus souvent venues du sud : Italie ou Espagne.
Ces deux grandes évolutions sont d'une part le corset (voir le post sur la question) qui affine la taille, écrase la poitrine et donne au buste une forme conique et d'autre part le vertugadin (on trouve aussi parfois le terme farthingale qui est en fait le mot anglais). Le vertugadin apparaît vers 1470 en Espagne. Ce terme désigne des systèmes que l'on dispose sous la jupe pour lui donner une forme. Il va y avoir différentes formes de vertugadin selon les évolutions de la mode. Les premiers vertugadins sont des jupons raidis par des structures en grain ou en fil métallique (une sorte de précurseur de la crinoline, oui, oui) :

Voici un exemple de la silhouette que ça donne : deux cones inversés qui évoque un sablier un peu rigide (le tableau date d'Henri II)
Mais le vertugadin peut prendre d'autres formes : un simple bourrelet posé sur les hanches pour les élargir (phénomène surtout français), ou à l'autre extrême, on va trouver, surtout dans la deuxième moitié du XVIe siècle des vertugadin tonneau ou encore tambour, qui ressemblent... à des tonneaux (on les appelait aussi vertugadin cache-enfant... je vous laisse voir pourquoi).

vendredi 29 décembre
Silhouette de 1900.
Il n'y a pas longtemps passait à ma télé sur je ne sais quelle chaîne (vous savez les films des vacances de noël...) Gigi, une comédie musicale de Vicente Minelli sorti en France en 1958. C'est une adaptation d'un roman de Colette. Gaston Lachaille, un riche et célèbre séducteur mondain parisien, fréquente l'appartement de Mme Alvarez et de sa nièce Gigi, une adolescente malicieuse, qu'il traite comme une enfant. Jusqu'au jour où il en tombe amoureux. Mais Gigi, n'est pas du tout décidée à devenir une maîtresse de plus.
Mais si je vous parle de tout ça c'est bien sûr pour parler chiffon : le film se passe dans les années 1900 à Paris et les costumes sont vraiment bien ficelés. Je voulais vous faire un post sur les costumes de Gigi mais le net manque d'images, donc je vais vous parler de la mode de 1900.
Les années 1900 sont ce que l'on appelle en France la Belle Époque, ainsi nommée par contraste avec la suite des évènements et en particulier avec la guerre 14-18. Comme d'habitude je commence par ce qui est le plus révélateur : la silhouette et l'aspect global de la tenue et par les sous-vêtements qui structurent cette silhouette.
La ligne de l'époque se veut fluide : je dis "se veut" parce que pour autant la femme reste corsetée. La silhouette en S qui est apparu avec la tournure continue d'être à la mode mais de façon moins caricaturale car la jupe perd de son ampleur en n'étant plus soutenue que par des jupons et non plus des structures rigides. Par contre la jupe s'allonge dans le dos, toujours à la recherche de cette fluidité. La taille reste fine, les hanches larges sont mises en valeur.
Le haut reste cambré et la poitrine est remontée pour pigeonner tout en s'aplatissant dans cette recherche de fluidité. 1900 est l'année de l'invention du corset dit "droit-devant" qui était censé être préférable pour l'abdomen (toujours ce problème des hygiénistes qui craignaient pour la santé des femmes) au traditionnel corset sablier mais qui donne une allure beaucoup plus cambrée au dos.
Cette publicité explique la différence entre le corset sablier et le corset "droit-devant", démontrant les avantages de ce dernier :
Un corset de 1905 :
Et voici la silhouette en S :
C'est aussi l'époque où certains grands couturiers novateurs : Poiret en particulier, commence à habiller les femmes sans corset, mais il faudra encore du temps avant que la pratique se généralise.
Les manches deviennent de plus en plus volumineuses (pour compenser la perte de volume au niveau de la jupe ?) et aboutissent aux manches gigot sur-dimensionnées de 1895 avant de désemplir un peu.

Les corsages ont des cols très haut, qui montent jusqu'au menton le jour, alors que les robes du soir sont très décolletées. Ce qui sera à l'origine de l'anecdote suivante : un prince venu d'Arabie était en voyage en France dans les années 1900 et trouvait les femmes françaises fort décentes, couvertes qu'elles étaient des pieds à la tête et au bout des doigts. On emmène se prince à une soirée dans le beau monde et quel n'est pas sont choc de découvrir des femmes éhontément dévêtues. Il en repart persuadé qu'elles allaient se livrer à la licence et déçu de ne pas pouvoir assisté à la fin de la soirée qui s'avérait fort coquine... Son hôte a bien essayé de lui expliquer que c'était des dames de la meilleure qualité, le prince est reparti persuadé du contraire.
Tenues de soirée de 1900 et de 1906

vendredi 17 novembre
Mode 1919
Après une petite semaine de crise, j'ai enfin le temps de retrouver un peu mon clavier. Bon la crise était limitée, rassurez-vous : j'étais en stage de formation dans un collège d'Argenteuil, classé tout ce qu'il y a de pire : ZEP, REP, zone de prévention violence etc, entouré de tours de 15 étages. Pas très rassurant. Mais c'est surtout particulièrement fatiguant de passer sa journée à faire la potiche en prenant des notes pour un rapport de stage. Et en plus ils commencent à 8h !
Mais au milieu de tout ça, un rayon de soleil. Voilà l'enchère que j'ai remporté sur ebay :
C'est un livre de coupe qui date de 1919 ! Certes il est écrit en espagnol et je ne parle pas un mot d'espagnol, par contre je parle relativement bien la langue de la couture et en fait c'est assez facile à comprendre. La reliure est assez vieille et n'apprécie pas particulièrement d'être manipulée. Mais je vous montre quand même quelques pages scanées :
Voilà comment on prenait les mesures à l'époque : à l'évidence la silhouette à la mode influence la façon de prendre des mesures et cela est particulièrement sensible pour la mesure de la poitrine qui ne ressemble pas du tout à notre façon de la prendre aujourd'hui.



Tous les éléments du costume du corsage à la jupe, y compris les vêtements de sport : ici la jupe amazone et la lingerie : ici le cache-corset :








