mercredi 28 février
Féérique ??
J'y ai passé toute la journée, alors ce soir juste un petit aperçu sur ma fée qui part demain par la poste (dommage, je l'aurais bien gardée). Les explications, pour plus tard...
lundi 26 février
La mode Renaissance
Voici quelques éléments typiques de la mode sous la Renaissance.
Les brocards et le velours sont deux matières très aimés pendant la Renaissance, plus volontiers portés que la toile de laine que l'on portait au Moyen Âge. La Renaissance aime les tissu lourd avec de nombreux reflets en Europe du Nord surtout. On produit aussi de plus en plus de soie directement en Occident (en France : Tours puis Lyon, en Flandres).
A la Renaissance, la chemise acquiert un rôle plus important. Elle devient plus fine, on la lave plus souvent, les nobles s'enorgueillissent de leurs chemises blanches qu'ils changent chaque jour. Cette chemise que l'on veut si fine et qui est dès lors une marque de richesse, on veut la montrer. Cela explique la création de crevées ou taillades : on pratique des entailles dans le vêtement du dessus pour montrer la chemise du dessous. Sous sa forme la plus aboutie, cela donne quelque chose dans le style des costumes des gardes suisses actuels. Voyez le buste et les manches de François Ier :


Au même moment et pour les mêmes raisons, apparaît la dentelle qui a pour but de décorer poignets et cols de la chemise. C'est d'abord une série de picots fait à l'aiguille, puis la dentelle devient de plus en plus large et les techniques se multiplient pour répondre à ce nouveau besoin qui crée un nouveau marché du luxe. Géographiquement l'origine de la dentelle est aujourd'hui disputée entre l'Italie (Venise) et la Flandres.
Les aiguillettes ne sont pas à proprement parlé une nouveauté de la Renaissance puisqu'on les utilisait déjà au Moyen Âge pour nouer les différents éléments du costume (pas encore de fermeture éclair, que voulez-vous). Les aiguillettes sont des lacets à bout ferré pour passer plus facilement dans les oeillets. Les bouts ferrés portaient aussi le nom de ferret (comme ceux de la reine dans les 3 Mousquetaires). Les aiguillettes servaient à attacher les haut-de chausse au pourpoint ou les manches aux épaules du vêtement. Il était en effet courant à l'époque de posséder plusieurs paires de manches que l'on changeait selon l'envie, cela permettait avec deux robes et une dizaine de paires de manches de créer de très nombreuses tenues. Cette mode était très développée en Italie, c'est d'ailleurs de cette pratique que vient l'expression "c'est pas une paire de manche" qui veut dire que quelque chose n'est pas facile, par opposition aux manches qui étaient faciles à changer.
La fraise est un col plissé qui devient de plus en plus volumineux au cours du XVIe siècle. On la trouve dans les costumes féminins comme masculins. Le point de départ fut le col de la chemise froncé par un cordon pour laisser apparaître un ruché, qui devint par la suite un élément indépendant du costume. C'est une bande de linge qui peut faire jusqu'à 6m de long. La fraise prend de l'ampleur et atteint des proportions extravagantes grâce à l'introduction de l'empesage à l'amidon, fabriqué d'abord en Flandres. L'amidon donnait au tissu blanc une teinte bleue ou jaune. Des armatures en fils métalliques recouverts de soie étaient épinglées sous la fraise pour la maintenir en place.

Le mouchoir est utilisé par les hommes comme par les femmes, en accessoire mais aussi pour son aspect pratique. C'est un objet de luxe, dont l'ornementation est très souvent réglementée. Les mouchoirs étaient en soie ou en lin et s'ornent de plus en plus au cours du siècle.
L'éventail est ramené en Europe par les expéditions vers l'Asie ou le Nouveau Monde. On l'utilise d'abord à la cour, puis il devient l'accessoire obligé de tout trousseau d'une jeune fille aisée. C'est Catherine de Médicis qui introduit l'éventail plié (celui que l'on peut refermer) en France. On attachait les éventails à la ceinture par une chaîne ou un ruban pour garder les mains libres.
dimanche 25 février
Délicieux aux marrons, tout à fait délicieux
Une recette pour les dimanches, quand tout est fermé mais qu'on se ferait bien un petit gateau quand même. Bref un gateau des fonds de placards... Mais un gateau délicieux.
Ingrédients : 3 oeufs - 150 g 180°C
Préchauffer le four th. 6,
Fouetter ensemble les oeufs et le beurre ramolli.
Ajouter la crème de marrons et fouetter à nouveau.
Incorporer la farine, la levure puis le rhum et la vanille liquide.
Verser la pâte dans un moule à manqué (un moule rond quoi) tapissé de papier sulfurisé.
Faire cuire 45 min. Laisser tièdir dans le four entrouvert et démouler.
N'espèrez pas qu'il en reste, moi j'ai failli manger toute la pâte avant d'enfourner...
vendredi 23 février
Silhouette à la Renaissance. Costume féminin.
La fin du XVe siècle est marquée par deux grandes innovations en matière d'habillement féminin qui vont révolutionner la silhouette (je sais, je parle toujour de la silhouette, mais je vous dis que c'est important) et la mode en règle générale. Au point d'ailleurs que ces évolutions vont perdurer 150 ans environ.
Il faut bien voir que la mode telle que nous la concevons aujourd'hui, avec des évolutions rapides apparaît à la fin du XIVe siècle : c'est la cour qui montre la mode que tout le monde essaie de suivre. Ce phénomène de mode va s'accélérer à partir de la Renaissance grâce à l'augmentation des communications à l'intérieur de l'Europe qui transportent avec elles les modes, le plus souvent venues du sud : Italie ou Espagne.
Ces deux grandes évolutions sont d'une part le corset (voir le post sur la question) qui affine la taille, écrase la poitrine et donne au buste une forme conique et d'autre part le vertugadin (on trouve aussi parfois le terme farthingale qui est en fait le mot anglais). Le vertugadin apparaît vers 1470 en Espagne. Ce terme désigne des systèmes que l'on dispose sous la jupe pour lui donner une forme. Il va y avoir différentes formes de vertugadin selon les évolutions de la mode. Les premiers vertugadins sont des jupons raidis par des structures en grain ou en fil métallique (une sorte de précurseur de la crinoline, oui, oui) :

Voici un exemple de la silhouette que ça donne : deux cones inversés qui évoque un sablier un peu rigide (le tableau date d'Henri II)
Mais le vertugadin peut prendre d'autres formes : un simple bourrelet posé sur les hanches pour les élargir (phénomène surtout français), ou à l'autre extrême, on va trouver, surtout dans la deuxième moitié du XVIe siècle des vertugadin tonneau ou encore tambour, qui ressemblent... à des tonneaux (on les appelait aussi vertugadin cache-enfant... je vous laisse voir pourquoi).

jeudi 22 février
Cuisine médiévale
Bon, je viens de décider de créer une nouvelle catégorie qui regroupera les recettes d'inspiration médiévale. Ce blog commence vraiment à se disperser, mais tant pis, je suis comme ça, capable de m'intéresser à tout et à 'nimporte quoi.
Et pour inaugurer cette nouvelle catégorie, une petite recette.
Muscadet de rose, de lavande ou de basilic.
On trouve de nombreux vins aromatisés dans la cuisine médiévale, pour la simple raison qu'à l'époque le vin était souvent de la piquette et qu'il fallait un peu d'aide pour que ça passe. Ces vins étaient en règle général servis à la fin du repas, en dessert. Aujourd'hui on le servirai plus volontiers en apéritif. Vous allez voir, c'est très facile à faire, mais ça demande de s'y prendre un peu à l'avance...
Ingrédients : 75cl de muscat - 125g de pétales de rose ou 50g de lavande ou 50g de basilic.
Faites macérer le tout au moins 4 jours, puis filtrez. Servez frais.
PLus la macération sera longue, plus votre apéritif sera corsé. Tout dépend donc de votre goût.
mardi 20 février
De retour
Ça fait un bon petit moment que je n'ai pas pu posté : complètement débordée depuis deux semaines, j'ai fini par attraper une sinusite aigüe qui m'a mis encore plus à plat. Heureusement je commence deux semaines de vacances qui me permettront de rattraper mon retard : au programme, je corrige des copies, je prépare des cours, je rédige mon mémoire professionnel... Ah bon, c'est sensé être des vacances ??
Un peu de couture aussi : le fairy swap à commencer, bon d'accord, il faut le finir pour le 1er mars, alors oui, je vais me dépêcher. Des cadeaux pour mes NSP (je vous oublie pas les filles, promis).
En attendant, voilà une adresse bien sympa, un nouveau forum sur la création de costumes médiévaux, avec photos et tutoriaux : intéressant, non ? Ça s'appelle la joieuse aguille.
mardi 06 février
Le costume d'Arya dans Eragon
Une apparition assez courte pour le seul vrai personnage du film. Elle agit surtout en sous-main.
Je suppose (je n'ai pas lu le livre) que c'est une elfe, elle a en tout cas la tête de l'emploi et c'est à la mode. Par contre son costume ne ressemble pas à ce que j'imagine d'un costume elfe mais je suis peut-être en cela trop influencée par le film du seigneur des anneaux.
Par contre, il y a quelques jolies trouvailles :
Voici le dessin préparatoire du costume :
Je costume par les pieds : elle porte des bottes de type cuissarde qui monte largement au-dessus du genou en cuir très souple. Un joli cuir clair d'ailleurs, dont on a du mal à imaginer quelle drôle de bête a pu le fournir.
Ensuite une jupe de type jupe parapluie, c'est-à-dire que le patron de la jupe consiste en un cercle avec un autre cercle au centre pour la taille. Si j'ai d'abord été surprise du choix d'une robe courte : ça manque de dignité, on ne peut pas nier que cela lui donne un coté guerrière très réussi. Ce n'est pas une guerrière très massive et puissante (elle aurait porté le pantalon) mais une éclaireuse discrète et silencieuse, une elfe des bois. Et bien sûr une ceinture en cuir assorti aux bottes.
En haut un bustier dans une matière étrange. Un petit coté Xéna la guerrière parce que le haut est très moulé dans un matière assez rigide (peut-être une sorte de cuir). Mais on se demande sur quelle drôle de bête elle a bien pu tailler un morceau pareil.
Avec ça une très jolie coiffure avec des plumes.
Le tout étant complété par un manteau dont l'asymétrie rappelle celle du haut. D'un coté une manche trois-quarts, de l'autre une manche très large de type médiéval :
Et pour finir la garde robe, une petite image de son armure : métal ou écaille de serpent géant, allez savoir. Notez les manches joliment fendues et les avant bras couverts de bracelets de force en cuir.
dimanche 04 février
Ecologie monstreuse, économie fantastique et vraissemblance.
Rassurez-vous, je ne me lance pas dans le blog politique, anti-vert.
Ce que l'on appelle écologie des monstres dans les jeux de rôle et dans les univers fantastiques correspond en fait à l'influence des monstres dans leur environnement. J'appelle monstre toute créature inventée : dragon, licorne etc. Et je vous donne un exemple. Si les dragons existent, il faut bien qu'ils se nourrissent et donc s'inscrit dans la chaîne alimentaire. Il faut aussi que les autres créatures aient un minimum de défense contre les dragons pour maintenir l'équilibre de la chaîne alimentaire. Il faut encore un antre pour que le dragon dorme, un relief karstique peut-être ? Bref l'introduction d'un monstre doit influencer le monde de sorte que tout soit logique.
Le mois dernier je suis allée voir Eragon au cinéma. Les costumes ne sont pas d'une originalité folle mais la façon dont il donne une consistance au monde m'intéresse, d'où le sujet du jour.

Si on regarde un peu les matières utilisées, on trouve : du tissu épais, de type lin et toile, du cuir, beaucoup de cuir. Bref l'effet recherché est rustique et médiéval, ce qui implique d'utiliser des matières naturelles et des teintures sobres. Il est vrai qu'au moyen âge on portait beaucoup de cuir, par contre les couleurs étaient très vives, personne n'aurait imaginé porter des couleurs sombres, qui étaient le propre des ordres religieux. Mais le choix des couleurs dans Eragon nous montre que l'on est dans une période de crise, de disette et de tristesse. Les couleurs portent le désolement du pays.
Mais dans une situation de tyrannie militaire qui est présentée dans Eragon, l'emploi du cuir ne colle plus. Je m'explique : on se trouve dans une situation où la population est opprimée, où tout le nécessaire est réquisitionné pour l'armée, en particulier la viande pour nourrir les hommes (et les rendre fier et courageux) et le cuir (les armées ont toujours eu besoin de bonne chaussure). Dans un contexte où toute production bovine et plus largement tous les animaux d'élevage sont réquisitionnés par l'armée, il ne reste donc plus de cuir pour la population et il n'est alors pas probable que tout le monde soit vêtu de cuir. CQFD
Bref les costumes sont beaux, mais dans un monde où cela se passerait comme on nous le propose, ils seraient impossible à réaliser par manque de matériaux. D'où l'importance de réfléchir avant de créer un monde au ressources disponibles. Ou comment faire à la fois de la mode, de la géographie et de la fantasy.
jeudi 01 février
Ouvrages sur la mode
Un commentaire - presque - récent me demandait des ouvrages sur la mode entre 1850 et 1940. Sujet intéressant que celui que cette blogueuse et ses amies ont choisi pour leur TPE (une sorte de dossier de recherche que les élèves font en première) : l'image de la femme dans la mode entre 1850 et 1940.
D'abord les dates sont intéressantes : 1850 et l'apparition de la crinoline, ou la technique au service de la femme (de la femme et pas de son confort) et 1940, juste avant la guerre qui chamboulera toutes les habitudes vestimentaires des européennes. C'est en effet la seconde guerre mondiale qui sonne la fin du chapeau et des gants, le début du port du pantalon etc...
Il peut être intéressant pour un sujet pareil de chercher ce qu'ont dit les grands couturier de la fin du XIXe siècle sur les femmes, cela donnerait probablement une bonne idée de ce que ceux qui faisaient la mode pensaient.
Quelques ouvrages de références :
Pour trouver beaucoup de photos, voire Fashion qui présente les collections du Kyoto costume institute avec quelques informations sur chaque costume 
Sur la mode au XXe siècle et sur l'évolution des enjeux liée à la massification de la culture : François Baudot, Mode du siècle chez Assouline
La mode au XXe siècle de Valerie Mendes et Amy De La Haye
Histoire de la mode au XXe siècle Peter Delius et Ulrike Sommer, que l'on peut trouver chez maxi livres.
Des livres pour "expliquer" la mode : de Frédéric Monneyron, la mode et ses enjeux etsociologie de la mode (collection que sais-je ?).










